| Mars Express : photographies et découvertes de Mars-Avril
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le 29-06-2005 à 21:23
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Durant ces deux mois, l’ESA a quelque peu réduit le flux d’informations découvertes par les scientifiques et Mars Express, mais nous en a laissées assez pour pouvoir tirer un petit bilan de cette période.
A) Un mois de Mars pas express…
18 mars: Traces d’anciens glaciers sur Promothei Terra :

La caméra HRSC à bord de la sonde européenne semble montrer deux éléments importants : d’une part, des structures fluviales, et d’autre part des glaciers qui auraient existé dans le passé, à savoir des blocs de glace parsemés de rochers de différentes tailles, se déplaçant du flanc d’un massif montagneux vers un cratère d’impact. On suppose que l’équateur martien aurait été parsemé de glaciers il y a des millions d’années de cela, étant donné qu’à présent, la glace ne pourrait exister qu’en profondeur. On peut remarquer sur l’image des bandes parallèles qui sont en fait les marques du courant « marin », du mouvement des glaciers, ainsi que des « drumlins », des structures montagneuses complexes retrouvables sur Terre, comme dans les Alpes Bavaroises par exemple. Cette analyse a mené à l’hypothèse poussant à dire que les glaciers n’auraient pas disparu il y a si « longtemps » de cela, mais auraient été victimes d’un changement brutal de climat ; néanmoins, la structure de Promothei Terra, comme d’autres certainement, a été sauvegardée de la sublimation (le passage de l’état solide à l’état gazeux) grâce à une couche de poussière déposée par les vents. Si tout cela venait à être prouvé, une question demeurerait un mystère : quel changement climatique brutal, et à cause de quoi ?

Vue en 3D du "Sablier", deux cratères d’impact au milieu des possibles anciens glaciers. (crédit : ESA)
Le mystère de la formation de Medusa Fossae :
La seconde et dernière information de ce mois de Mars concerne la région de Medusa Fossae, dont l’intérêt réside en sa mystérieuse origine. La photographie a été prise lors de l’orbiter 917, avec une résolution de 13 mètres par pixel. Medusa Fossae se situe près de la frontière dichotomique entre les plaines de l’hémisphère nord et les cratères d’impact de l’hémisphère sud (la frontière dichotomique étant cette zone où les deux régions citées se rencontrent, nommée Amazonis Sulci). Il a tout d’abord été remarqué que les terres de l’hémisphère sud sont plus hautes de deux à cinq kilomètres que celles de l’hémisphère nord. Puis, on a fait état de la géologie d’Amazonis Sulci, vue comme une région dont la surface est douce et plane, mais quelque fois ondulée et sculptée par le vent. Le doute plane quant aux matériaux recouvrant Medusa Fossae : il pourrait s’agir vraisemblablement de cendres volcaniques, mais les scientifiques ont constaté que l’érosion hydraulique se serait arrêtée avant le dépôt de cendres, ce qui signifie en d’autres termes qu’il aurait pu y avoir de l’eau, mais qui aurait disparu, laissant place à des dépôts de cendres : autrement dit, nous rejoignons ce qui a été dit sur Promothei Terra, à savoir qu’il s’agit encore d’une preuve d’un changement brutal de climat. Enfin, il a été constaté qu’un « bolide » (un objet dont la définition n’a pas encore été trouvée, qui peut être un astéroïde, un météore etc.) a heurté la surface, la recouvrant de son éjecta.

La région de Medusa Fossae en 3 dimensions : on distingue clairement le « bolide » et son éjecta, à gauche du centre de l’image. (crédit : ESA)
Dans la lancée du compte-goutte, l’ESA n’a livré que deux actualités en ce mois d’avril, qui n’en sont pas pour autant dépourvues d’intérêt. Nous allons ainsi faire cap sur Aureum Chaos et Tithonium Chasma…
B) Avril, flux d’informations fébrile...
22 avril : les Mesas de Aureum Chaos :

Cette image prise par la caméra HRSC lors de l’orbite 456 montre le terrain chaotique d’Aureum Chaos à une résolution de 25 mètres par pixel. Aureum Chaos est une région située dans la Valles Marineris (d’où son nom Chaos), plus précisément au sud-est de l’énorme cratère d’impact de 280 kilomètres de diamètre Aram Chaos : ces deux régions sont des exemples du terrain chaotique de cette zone de Valles Marineris. Les « Mesas » sont ces trous qui forment une sorte de toile d’araignée sur la photographie, et ils varient de quelques kilomètres à des dizaines. L’origine de ce terrain est complexe : l’hypothèse la plus probable est celle suggérant la présence passée de sédiments, et l’aspect chaotique aurait été modelé par l’absorption de l’eau dans le sous-sol. Encore une fois, nous revenons sur un mystère : pourquoi l’eau aurait-elle été absorbée ? Espérons que le radar Marsis retrouvera cette eau sous la surface et qu’il pourra nous en dire plus…

Vue en 3D de la région, vers le nord-est. (crédit : ESA)
29 avril : gros plan sur Tithonium Chasma :

En ce mois d’avril, l’ESA avait décidé de nous faire découvrir une autre partie de la Valles Marineris, une importante cuvette située à l’extrême ouest du canyon. La photographie a été prise lors de l’orbite 887 avec une résolution de 13 mètres par pixel. Les scientifiques ont remarqué que Tithonium Chasma était quasiment parallèle à une autre strcture similaire, Ius Chasma. Il a été remarqué des structures linéaires dues à l’érosion, ainsi qu’un possible éboulement de terrain au nord. On a également observé l’omniprésence de dunes de sable mais aussi une dépression au sud-ouest, probablement causée par l’écroulement de la surface. Enfin, à l’est, on a pu observer une colline intéressante par la présence de structures linéaires causée par une activité éolienne ou fluviale.

La région de Tithonium Chasma en 3 dimensions (crédit : ESA)
Ainsi, ce mois d’Avril a permis aux scientifiques de se concentrer sur Valles Marineris, ce qui permettra peut-être un jour de comprendre l’origine de cette structure géologique incroyable présente sous l’image d’un canyon de plusieurs kilomètres de profondeur...
Par Pierrick Jouan
Source : ESA
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