| Mars Express : cratères, canyons et un peu d'action en Mai-Juin !
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le 02-07-2005 à 22:58
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Serait-ce l’approche de l’été et des vacances qui aurait coupé la motivation de l’ESA dans la diffusion d’informations et d’analyses au sujet de Mars Express ? Ou peut-être l’évènement médiatique du déploiement du radar MARSIS qui aurait réduit l’activité des scientifiques qui se seraient concentrés davantage sur cet évènement… Quoi qu’il en soit, cette canicule qui assèche les rivières et fleuves d’informations ne nous démotivera pas pour vous faire découvrir les quelques images dévoilées par l’ESA !
A) Un maigre mois de mai…
9 mai : Le cratère Holden et Uzboi Vallis

Pour commencer (et terminer…) ce mois de mai, l’ESA nous a fait découvrir une région photographiée lors de l’orbite 511, avec une résolution d’environ 45 mètres par pixel : Noachis Terra, plus précisément le couple formé d’Uzboi Vallis ainsi que le cratère Holden. Le cratère Holden est une évidence sur la photographie, mais il faut néanmoins préciser qu’Uzboi Vallis est cette sorte de canal qui part du coin inférieur droit de l’image et qui rejoint le cratère par le bas. La présence d’une couche de brume survolant bassement le cratère provoque cet éclaircissement de la surface du cratère par rapport au reste de la région. La tâche sombre observée à gauche du centre du cratère est un champ de dunes qui a permis de découvrir l’évolution du vent dans cette région. De plus, la présence de plus petits cratères d’impact au sein même d’Holden révèlent la vieillesse du cratère. Certaines parties sont plus basses de 1600 mètres que la région environnante. Certains endroits ont été recouverts de sédiments, ce qui révèle l’inactivité géologique de la région dans un passé proche.

Voici le cratère Holden en trois dimnesions (crédit : ESA)
Malgré cette unique information de ce mois de mai, l’ESA a quand même tenu à nous faire découvrir un peu plus de sites pour le mois de juin qui vient tout juste de se terminer…
B) Juin, on lâche un peu les freins…
1er Juin : Iani Chaos et Ares Vallis :

Le premier site étudié en ce mois se situe dans une zone dont nous avons déjà parlée : Margaritifer Terra. En effet nos deux régions concernées sont voisines d’Aureum Chaos, Ares Vallis ainsi qu’Arem Chaos. Cette Terra est définie par son aspect chaotique. Ainsi, après avoir dévoilé deux parties de celle-ci, l’ESA a donc planché sur deux autres. Ces images ont aidé à comprendre la structure complexe de la surface martienne, car elles révèlent la présence passée d’anciennes structures fluviales qui auraient imbibées Ares Vallis. Mais ce qui est le plus intéressant, c’est que ces deux régions ont probablement vécu des inondations gigantesques qui auraient taillé un canyon dans la région de Xanthe Terra, et qui auraient broyé les roches en de plus petits morceaux transportés par le courant. Toute cette charge sédimentaire aurait été déposée dans les plaines Chryse, où le petit rover Sojourner accompagné de la station Pathfinder avaient atterri et résidé en 1997. La première photographie montre la zone de transition entre Iani Chaos et Ares Valis, marquée par cette zone parsemée de « boutons » qui sont en fait des collines de plusieurs centaines de mètres de haut. Les scientifiques suggèrent que ces collines aient été formées par l’effondrement du terrain après que des cavités souterraines (remplies d’eau ?) se soient formées.

Iani Chaos et Ares Vallis en perspective. (crédit : ESA)
9 juin : première aurore martienne photographiée !

La région où a été détectée la première aurore martienne. (crédit : ESA)
Pour la première fois depuis la mise en orbite de Mars Express, la SPICAM à bord de la sonde européenne a fait ses preuves en découvrant une aurore, en détectant des émissions de lumière interprétées plus tard comme une aurore. Ce phénomène se produit lorsque des particules trop nombreuses de vent solaire viennent heurter l’atmosphère terrestre, faisant réagir le champ magnétique de notre planète bleue. Néanmoins, Mars, comme Vénus, ne possède pas de champ magnétique, mais la sonde Mars Global Surveyor avait détecté des anomalies magnétiques au niveau de la croûte martienne, ce qui lança une hypothèse de la part des scientifiques. En comparant la cartographie des anomalies magnétiques de MGS, avec l’analyse de l’aurore de Mars Express, les scientifiques ont découvert qu’il s’agissait de la partie de la surface possédant le magnétisme le plus fort. Ainsi, après les éclipses de lune, les couchers de soleil, nous voilà de nouveau à une preuve de similitude entre la Terre et sa petite sœur Mars…

Voici donc l’analyse spectrométrique ayant permis de détecter l’aurore, présente sous la forme de cette tâche rouge foncée entourée d’un cercle. (crédit : ESA)
9 juin : Coprates Chasma et Coprates Catena
Nous voici maintenant dans une région du canyon Valles Marineris, Coprates Chasma et Catena, située globalement dans le centre de Marineris, et photographiée lors de l’orbite 449 avec une résolution de 49 mètres par pixel. Sur la photographie, il faut préciser que Coprates Catena est donc cette longue chaîne de collines, parallèle à Coprates Chasma, ce petit canyon dont la largeur est estimée entre 60 et 100 kilomètres. La largeur de Coprates Catena est quant à elle estimée à environ 22 kilomètres. L’aspect plus plat du Chasma est probablement le résultat d’un dépôt de poussière atmosphérique. Les scientifiques ne sont néanmoins pas sûrs ni de l’origine de la structure Coprates, ni de celle de Valles Marineris toute entière, hésitant entre la première hypothèse évoquant une tension de la croûte martienne, et la seconde impliquant l’action violente de l’eau pour une raison inconnue. Par conséquent, il reste encore un nombre infini de mystères à découvrir avant de pouvoir offrir à Mars Express une retraite qu’elle aura bien méritée…

Voici comment se présentent Coprates Chasma et Coprates Catena en trois dimensions (crédit : ESA)
Pour résumer les mois de mai et juin, nous pouvons souligner le peu de découvertes proposées par l’ESA. Néanmoins, ce qui a marqué ces deux mois est l’évènement sismique du déploiement de Marsis, le radar ayant la capacité de détecter des nappes phréatiques sous la surface martienne, le premier instrument de ce genre.
C) La magie MARSIS…
Résumé des péripéties :

Une vue d’artiste représentant Mars Express après avoir déployé la première antenne de son radar. (crédit : ESA)
L’annonce avait été faite en avril : Marsis allait être déployé entre la période mai et juin : c’est donc avec le plus grand enthousiasme que les scientifiques avaient accueilli cette nouvelle, et qu’ils étaient prêt à attendre (avec impatience) le déploiement de la première des trois antennes de Marsis. Leur enthousiasme les avait peut-être un peu trop emporté dans un élan euphorique : en effet, cette joie est vite devenue inquiétude lorsque durant le déploiement de la première antenne, on détecta que le segment n°10 (sur 13) ne s’était pas correctement vérouillé : on essaya donc de résoudre le problème, et une commission d’enquête fut créée, et obligea l’ESA à repousser le déploiement de la seconde antenne tant que l’enquête n’était pas résolue et qu’une solution n’avait pas été trouvée. Néanmoins, la commission d’enquête et les scientifiques comprirent que c’était le froid spatial qui avait perturbé le verrouillage du segment en question. Ainsi, on plaça Mars Express de telle sorte que Marsis soit orienté vers le soleil afin de réchauffer un peu les segments, ce qui porta ses fruits (le 11 mai). Ainsi on donna le feu vert le 7 juin pour le déploiement de la seconde antenne, appliquant les mêmes détails qui avaient permis au 10ème segment de se verrouiller, ce qui apporta un nouveau succès. Enfin, le 22 juin l’ESA annonça que Marsis était prêt à se mettre en marche, procédant à des tests dans la période du 23 juin au 4 juillet (peut-être pour ne pas voler la vedette à Deep Impact…). L’ESA a fait l’hypothèse de possibles découvertes durant cette phase de tests… Espérons ainsi que Marsis commencera à nous faire rêver dès le début de sa mission !

Voici une vue d’artiste représentant Mars Express portant sur elle Marsis entièrement déployé. (crédit : ESA)
Par Pierrick Jouan
Source : ESA
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