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Mars Express : première partie de vacances bien chargée...

le 13-08-2007 à 10:51

A défaut de beau temps sur certaines régions de notre pays, nous vous proposons de bonnes nouvelles que nous apporte l'Agence Spatiale Européenne, et l'on peut dire que le calendrier a plutôt été rempli, pour une période où les activités sont - pour la plupart d'entre nous - censées être réduites...



La glace d'eau et la glace de dioxyde de carbone sur Mars. (crédit : ESA)

13 juillet : on a trouvé l'origine des neiges éternelles du pôle sud !
En combinant les données recueillies par le biais de la sonde Mars Express, ainsi que celles issues d'études sur le climat martien, les scientifiques européens ont pu affirmer que la révolution martienne (orbite autour du soleil) influait sur la présence de glace d'eau au pôle sud. Très tôt dans la mission, l'instrument OMEGA avait détecté des glaces éternelles (qui n'avaient pas été repérées auparavant) sur des terrains âgés de plusieurs millions d'années, ce qui suggère une activité glaciaire récente. Les scientifiques croient, par le biais de simulations informatiques, que cette situation est le résultat d'un « glissement » de la glace du pôle nord vers le pôle sud, qui s'est étalé sur 51 000 ans, soit le temps qu'a mis la précession pour s'inverser (la précession est ce phénomène par lequel l'axe de rotation d'une planète vacille). En simulant le climat martien d'il y a 21 000 ans, les scientifiques se sont rendus compte que c'était le pôle nord qui était davantage soumis aux rayonnements du soleil, rendant la présence de glace instable, celle- ci glissant vers le pôle sud. Mars est restée dans cette configuration pendant 10 000 ans, ce qui a donné le temps à la glace du pôle sud de s'accumuler pour créer une couche haute de six mètres. Toutefois, les 10 000 ans suivants n'ont plus été favorables au pôle sud qui s'est trouvé davantage exposé au soleil (c'est la configuration actuelle), nous offrant la situation que nous pouvons observer sur les images prises par Mars Express.



Photographie de Tyrrhena Terra par Mars Express. (crédit : ESA)

31 juillet : le cratère d'impact de Tyrrhena Terra
Cette image a été prise lors de l'orbite 4294, avec une résolution d'environ 15 mètres par pixel. Cette région fait partie des hautes terres du sud, sévèrement touchées par les cratères d'impact, et se situe notamment au nord d'Hellas Planitia. Pour vous donner un ordre de grandeur, le cratère atteint 35 kilomètres de large, et 1000 mètres de profondeur, sans compter les 300 mètres de haut de l'anneau entourant le cratère. La structure la plus intéressante se situe au centre du cratère, et correspondrait au rebondissement de matière comprimée de la sous-surface. Cette formation est dénommée sommet ou élévation central(e). Au sud du grand cratère (à gauche sur l'image) se trouve un deuxième cratère de 18 kilomètres de long et de la même profondeur, formant ainsi un double cratère d'impact. Les déductions des scientifiques les ont conduits à penser que même si les deux impacts se sont avérés quasi simultanés, le plus gros d'entre eux s'est produit après le premier, remodelant l'aspect du double cratère.



L'atterrisseur Phoenix. (crédit : ESA/NASA)

1er août : nouvelle mission pour Mars Express !
Nous nous en souvenons, Mars Express portait sur son ventre le petit atterrisseur Beagle 2, qu'elle éjecta mécaniquement le 19 décembre 2003 pour finalement ne plus jamais recevoir le moindre signe de vie, malgré les longues recherches qui suivirent. Récemment, la NASA a proposé un accord avec l'ESA, qui pourrait paraître comme une consolation: en effet, Mars Express s'est vue proposer la mission de... nounou ! Tout du moins, la sonde européenne a reçu pour tâche de surveiller l'entrée et la descente dans l'atmosphère martienne de l'atterrisseur Phoenix, ouvrant ainsi les portes à une coopération internationale. Le choix de la sonde de l'ESA n'est pas un hasard, dans la mesure où celle-ci dispose du matériel nécessaire pour communiquer avec l'atterrisseur, l'instrument MELACOM (Mars Express Lander Communications system) qui aurait dû servir de lien entre Beagle 2 et son vaisseau mère. Ce dernier devra ajuster son orbite dans l'optique de la phase de descente, et sera aidé par les deux autres sondes américaines en orbite autour de la planète rouge, Mars Odyssey (qui continue de faire un travail remarquable) et Mars Reconnaissance Orbiter. La NASA a même proposé que Mars Express soit choisie pour communiquer avec Phoenix pendant la période de mission de 90 jours.

Nous l'avons compris, Mars Express n'est pas prête de partir à la retraite, et ses performances sont telles qu'elle est enviée par la NASA . Elle qui avait pourtant si mal débuté, après la perte de Beagle et le doute qui a longtemps plané autour du radar MARSIS... La première sonde européenne en orbite autour de Mars a ses chances de ne jamais être oubliée dans l'histoire de l'Agence Spatiale Européenne et de l'exploration martienne !


Source : ESA

Par Pierrick Jouan

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