Recherche
 Plan du site
 À propos du site
 Récompenses
 Livre d'or
 Téléchargements
 Liens
 Forums Futura
 Services Webmasters
Contact
 

astronautes visitent le site actuellement






Flux RSS



 

Mars-Actualité

Les Infos Les archives

Phoenix débute sa mission prolongée sur Mars

le 29-08-2008 à 19:50

Cela fait plus de trois mois que Phoenix s’est posé dans Vastitas Borealis, région nordique de la planète rouge. L’atterrisseur de la NASA affiche aujourd’hui à son compteur 93 jours martiens (aussi appelés « sols ») d’activité. La durée initiale de la mission, de 90 sols, a été prolongée jusqu’au 30 septembre et pourrait même être prolongée davantage si Phoenix en a encore les capacités. Malgré quelques signes qui indiquent l’arrivée prochaine de l’hiver dans cette région de Mars, le robot poursuit ses activités et ses analyses sans rencontrer de difficulté.


Le début de la fin…

Phoenix s’est posé sur Mars, dans Vastitas Borealis, le 26 mai 2008 au début de l’été martien. Mais après les trois mois d’été qu’il a passés à travailler sur Mars (eh oui, lui ne fait pas bronzette sur nos plages terrestres pendant l’été !), la fin de la belle saison se dessine peu à peu dans le paysage et dans la météo…
Le Soleil de minuit, qui règne constamment à la latitude élevée où se trouve Phoenix, commence à décliner comme le montrent les photographies de l’astre du jour renvoyées par la sonde. À certains moments de la journée, le disque solaire disparaît sous l’horizon pendant quelques minutes, alors qu’il était auparavant constamment visible en totalité quelque soit l’heure.


À la latitude où est posé Phoenix, 67° Nord, c'est le "jour polaire" : le Soleil ne se couche pas. Lorsqu'arrivera l'automne, le Soleil se couchera sous l'horizon et ne réapparaîtra qu'au printemps : ce sera alors la nuit polaire. Ce cliché, capturé par Phoenix au sol 90 à 00h50, montre le disque du Soleil qui disparaît légèrement sous l’horizon.
(crédit : NASA/JPL-Caltech/University of Arizona/Thomas Appéré)

Consécutivement, les panneaux solaires de Phoenix sont moins éclairés et l’énergie dont dispose la sonde s’amenuise peu à peu. Selon Barry Goldstein, un des responsables de la mission à la NASA interrogé par Space.com, les panneaux solaires fournissent actuellement 2500 Wh par sol contre 3500 Wh au tout début de la mission. Mais le seuil critique des 1000 Wh par sol, nécessaires pour maintenir les activités des instruments scientifiques, ne sera sans doute atteint qu’en novembre, ce qui laisse encore du temps pour les scientifiques. Autre conséquence de la diminution de l’ensoleillement, les températures minimales qu’enregistrent les instruments de Phoenix sont en baisses. Alors que la température ne descendait pas au dessous de –80°C en moyenne au début de la mission, une température minimale de –85°C a été relevée au sol 88.
Les caméras de Phoenix ont ainsi photographié les prémices d’un dépôt de givre sur le sol environnant la sonde. Ce givre de glace d’eau se dépose aux heures les plus froides de la journée lorsque le Soleil est bas sur l’horizon et se sublime dans la matinée, lorsque le Soleil remonte dans le ciel.


Une pellicule de givre d'eau, donnant des reflets brillants au sol martien, se dépose lorsque le Soleil est bas sur l'horizon (22° au-dessus de l'horizon pour cette image prise à 6h du matin, au sol 80)
(crédit : NASA/JPL-Caltech/University of Arizona/Texas A&M University)

L’été commence donc à faire place à l’automne dans cette région de Mars. Si Phoenix ne connaît pas de problème d’ici la fin du mois de septembre, sa mission pourrait être de nouveau prolongée jusqu’à la mi-novembre. Au delà de cette date, les températures seront trop basses pour permettre à Phoenix de continuer à travailler normalement. Le paysage autour de la sonde sera sans doute blanc de givre et peut-être aurons-nous la chance d’observer des dépôts de neige carbonique si les caméras de Phoenix fonctionnent encore assez longtemps. Passé le mois de novembre, Phoenix sombrera dans la nuit polaire et deviendra sans doute silencieux, son électronique gelé par les températures glaciales de l’hiver boréal.


…mais actuellement, Phoenix est toujours très actif !

Même si l’automne commence à pointer le bout de son nez, rien n’empêche pour le moment Phoenix d’assurer sa mission scientifique normalement.
Depuis notre dernier point sur la mission, Phoenix a creusé de nombreuses nouvelles tranchées dans le sol martien, à tel point que la zone située à portée du bras robotique de l’atterrisseur ressemble maintenant à un vrai chantier !


Mozaïque de photos prises au sol 90 et couvrant la zone de travail de Phoenix.
Cliquez ici pour voir l’image.

(crédit : NASA/JPL-Caltech/University of Arizona/Thomas Appéré)

D’autre part, deux nouvelles analyses de sol ont été effectuées dans deux nouveaux mini-fours de l’instrument TEGA (pour Thermal and Evolved-Gas Analyser). Le four n°5, dont les volets ne s’étaient ouverts que très partiellement au sol 25 (voir notre actualité) a finalement reçu son échantillon de sol martien au sol 74 (le 9 août) après 3 sols d'attente et de vibrations répétées du tamis recouvrant le four. La troisième analyse de sol effectuée par l'instrument TEGA depuis le début de la mission a ainsi pu commencer.


Image du haut de l'instrument TEGA au sol 72 de la mission (soit le 7 août 2008). Cette photographie a été prise après un déversement de sol martien par la pelle mécanique ayant pour objectif le remplissage du four n°5 du TEGA.
(crédit : NASA/JPL-Caltech/University of Arizona/Texas A&M University)

Par ailleurs, au sol 79 (le 14 août), les volets du four n°7 ont été ouverts et un échantillon de sol, prélevé à mi-chemin entre la surface et le sol glacé, y a été livré.


Cliché d’une partie de l’instrument TEGA au sol 85 (20 août) après la livraison d’un échantillon de sol au four n°7 (ici à l’extrême gauche de l’instrument). On observe également sur cette image le four n°5, dont les volets sont très peu ouvert, à droite.
(crédit : NASA/JPL-Caltech/University of Arizona/Texas A&M University)

Au total, quatre analyses de sol ont été effectuées depuis le début de la mission dans cet instrument. Il reste encore 4 fours disponibles pour analyser de nouveaux échantillons, ce qui semble largement suffisant étant donné le temps restant à Phoenix avant que l’hiver martien mette un terme aux activités de l’atterrisseur.

Les deux premiers échantillons analysés dans les fours n°4 et n°0 étaient très pauvres en glace d’eau (le premier n’en contenait pas et le second en contenait très peu, pas assez pour en tirer des informations intéressantes). Le but des scientifiques est donc de réussir à livrer à un four du TEGA un échantillon riche en glace d’eau, ce qui est rendu difficile par la consistance du sol martien et par les tamis percés de trous d’un millimètres de diamètre à l’entrée de chaque four. Si de la glace est introduite en quantité suffisante dans un des mini-fours, les scientifiques pourront l’analyser et déterminer son origine et son histoire, enjeux important pour comprendre l’histoire climatique de la région explorée par Phoenix. Les prochaines analyses effectuées par l’instrument TEGA pourront aussi servir à déterminer la présence, l’absence ou la localisation dans le sol des perchlorates qui ont été détectés dans les mini-laboratoires de chimie de l’instrument MECA (pour Microscopy, Electrochemistry and Conductivity Analyser) (voir notre actualité précédente).

Concernant l’instrument MECA, le troisième mini-laboratoire de chimie devrait recevoir dans les prochains jours un échantillon de sol selon Barry Goldstein, cité par Space.com. Deux échantillons ont déjà été analysés dans deux mini-laboratoires du MECA qui, comme pour les mini-fours du TEGA, sont chacun à usage unique. Il ne restera alors plus qu’un bécher de chimiste utilisable pour une analyse future.


L’instrument MECA (pour Microscopy, Electrochemistry and Conductivity Analyser) photographié au sol 80 par la caméra stéréo de Phoenix. On distingue les quatre laboratoires identiques sur le côté droit de l’instrument, avec leurs propres conteneurs d'eau (de couleur claire et de forme rectangulaire). Sur la face avant de l’instrument est visible la fente par laquelle est déversé le sol pour être imagé par le microscope optique ou le microscope à force atomique qui se trouvent à l’intérieur du boîtier noir.
(crédit : NASA/JPL-Caltech/University of Arizona/Texas A&M University)

Enfin, évoquons un instrument scientifique de Phoenix qui n’avait pas encore fait parler de lui : le microscope à force atomique du MECA.
Au sol 69 (le 4 août), après plusieurs semaines d’étalonnage et d’essais infructueux, les scientifiques en charge du microscope à force atomique (AFM) embarqué sur Phoenix ont rendu publique leur première image sur laquelle apparaît une particule de poussière martienne. Le microscope à force atomique est capable de révéler des détails de quelques centaines de nanomètres à l’aide de petites pointes très flexibles qui « tâtent » l’échantillon pour en révéler son relief. Ces analyses vont permettre aux scientifiques de connaître la taille et la forme des particules de poussière martienne, ce qui est une donnée très importante dans l’étude des phénomènes atmosphériques. Cette poussière joue en effet un rôle prépondérant dans la chimie de l’atmosphère martienne ainsi que dans la météo.


L'image du haut montre une plaque percée de petites cavités où de la poussière martienne a été déposée. L'AFM fonctionne à l'aide d'une pointe minuscule en silicone qui parcourt la surface de l'échantillon. La variation de la position de cette pointe fournit une image 3D codée en niveaux de couleurs (zoom en bas à droite). On retrouve en bleu-vert les petites cavités de la plaque. Une particule de poussière est présente dans la cavité entourée d'un cercle jaune.
(crédit : NASA/JPL-Caltech/University of Arizona/Texas A&M University)

Acquérir une telle image n’était pas gagné d’avance, mais l’équipe de la mission y est parvenu avec succès ! Espérons que d’autres clichés de ce type seront réalisés avant la fin de la mission.

Actuellement, la mission Phoenix bat son plein : de nouvelles tranchées sont creusées régulièrement, les instruments scientifiques sont abreuvés d’échantillons, et les scientifiques sur Terre de données… Autant dire qu’il est illusoire de penser que les quantités de données scientifiques reçues chaque jour à la suite des nouvelles analyses peuvent être sur le champs traitées et interprétées ! Il faudra sans doute attendre plusieurs mois avant que des conclusions claires ne se dégagent de ces montagnes de données qu’accumulent chaque jour les scientifiques de la mission. Le récent épisode des « perchlorates » en est l’illustration la plus criante.

En attendant, souhaitons bonne chance à Phoenix pour la suite de sa mission sur Mars !

Sources : NASA/JPL/Space.com

Par Olivier Poch

  • Pour suivre quotidiennement l’avancée de la mission, rendez-vous sur la page « Missions en direct ! » d’Orbit-Mars et dans la Galerie d’images !

  • Plus d'informations sur Phoenix dans notre dossier : cliquez ici !



  • Imprimer cet article  Envoyer cet article à un ami Partagez


    Dernières actualités publiées :

      27/05 Curiosity, le prochain robot martien lancé en 2011 !
      25/05 Il y a un an, Phoenix se posait sur Mars
      21/05 Mars en direct sur Twitter et Facebook !
      05/05 Phoenix, le bilan : toujours pas de matière organique sur Mars ?


     

    (c) 2001-2011 Orbit-Mars 
    Crédit image de titre : NASA et Kees Veenenbos - Hébergement & maquette : Futura-Sciences

    (Actualités - Dossier - Glossaire - Fond d'écran - Musée)
    Forums : Habitat, chauffage et isolation - Dépannage - Electronique - Internet - Logiciel - Santé - Orientation
    Index des ressources FS : A - B - C - D - E - F - G - H - I - J - K - L - M - N - O - P - Q - R - S - T - U - V - W - X - Y - Z | Top Produits